Turquie

Non content d’étendre son emprise sur les médias traditionnels, le président Recep Tayyip Erdogan a tout mis en oeuvre pour reprendre en main Internet, lieu d’expression privilégié d’une société civile très vivace. Après des réformes draconiennes, le blocage de sites web sans décision de justice est devenu systématique : le gouvernement est habilité à ordonner “en urgence” le “blocage préventif” de tout contenu. Les fournisseurs d’accès à Internet ont quatre heures pour obtempérer, et la validation a posteriori d’un juge a tout d’un simple coup de tampon. Les autorités turques monopolisent aussi près de la moitié des demandes de retrait de contenu auprès de Twitter. Au besoin, Ankara n’hésite pas à bloquer l’intégralité de cette plateforme ou de YouTube, une extrémité à laquelle ne recourait jusqu’alors qu’une poignée d’Etats parmi les plus répressifs de la planète. Dans le même temps, les services de renseignement (MIT) ne cessent d’approfondir leurs techniques de surveillance généralisée des citoyens. La Turquie occupe la 149e place sur 180 au dernier Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.