Turkménistan

L’ampleur de la censure d’Internet au Turkménistan est à l’image du régime ultra-autoritaire de Gourbangouly Berdymoukhamedov, classé 178e sur 180 dans le Classement mondial 2015 de la liberté de la presse. Le président, qui se fait appeler “Père protecteur” (Arkagad), défend si bien son peuple des influences extérieures qu’à peine 10% de la population avait accès à Internet en 2013. Encore ces pionniers ne surfent-ils que sur une version extrêmement censurée du World Wide Web, baptisée “Turkmenet”. Et lorsqu’ils fréquentent les cybercafés, c’est munis d’une pièce d’identité. L’accès au réseau est rendu difficile par le coût extrêmement prohibitif de la connexion et le monopole absolu de l’opérateur d’Etat TurkmenTelekom. Un monopole qui garantit aux autorités une maîtrise totale du Net : la compagnie contrôle le seul point d’accès au réseau internet mondial et rend inaccessibles tous les sites que le gouvernement lui demande de bloquer. Les motifs demeurent secrets, mais la multitude de sites bloqués laisse imaginer qu’ils sont extrêmement stricts : la plupart des sites d’information indépendants ou étrangers sont censurés, de même que les principales plateformes de blogs. Les géants de l’Internet mondial (Facebook, Twitter, Gmail…) connaissent régulièrement le même sort.

Le Turkménistan est classé 178ème sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 de Reporters sans frontières.