Bahreïn

Au Bahreïn, l’Autorité des affaires de l’information (AAI) a acquis dès 2002 le pouvoir de censurer des sites internet. La publication de contenus critiques envers l’islam et le roi, et l’incitation à la violence ou au renversement du régime sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. Le gouvernement bahreini contrôle d’autant plus facilement le réseau qu’il est actionnaire majoritaire du principal fournisseur d’accès Internet dans le royaume, Batelco, lequel surveille et filtre le trafic. Bien que les autorités avancent le motif de de la protection des citoyens contre la pornographie, de nombreux sites sont ciblés du fait de leur contenu politique. Depuis les manifestations pro-démocratie de février 2011, plusieurs sites d’information ont été interdits pour avoir publié des articles critiquant le régime, à l’instar du quotidien Al-Quds Al-Arabi ou du Bahrainmirror. La censure en ligne passe aussi par les persécutions des voix dissidentes : le défenseur des droits de l’homme Nabeel Rajab, la blogueuse Ghada Jamsheer, et Maryam Al-Khawaja, co-présidente du Bahrain Center for Human Rights ont été arrêtés pour leurs activités de publication en ligne à la fin de l’année 2014.

Le Bahreïn occupe la 163ème place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 de Reporters sans frontières.

Arabie Saoudite

En Arabie saoudite, la loi contre la cyber-criminalité de 2007 est massivement utilisée pour faire taire les voix dissidentes. L’article 6 stipule que “toute personne qui participe à la production, la préparation, l’émission ou le stockage d’éléments allant à l’encontre de l’ordre public, des valeurs religieuses, des morales publiques et de la vie privée, par le biais des réseaux de l’information ou des ordinateurs (…) est passible d’une peine d’emprisonnement, amende ou autre forme de punition”. En vertu de cette loi, le blogueur Raïf Badawi a été condamné, en septembre 2014, à dix ans de prison ferme et 1 000 coups de fouet pour “insulte à l’islam”. Depuis 2011, les médias en ligne, les sites internet des médias traditionnels, ainsi que les plateformes diffusant du matériel audio ou vidéo ont désormais obligation de s’enregistrer auprès du ministère de l’Information et de la Culture. Pour obtenir la licence valable trois ans, le requérant est dans l’obligation de faire une déclaration d’identité et de fournir « des documents attestant de sa bonne conduite » ainsi que le nom de son hébergeur. Les forums, les blogs ou les sites internet personnels, les listes de diffusion, les archives électroniques ou les chats sont désormais enregistrés. En février 2014, une nouvelle décision des autorités a ajouté l’obligation pour les blogueurs de mentionner leur véritable identité.

L’Arabie saoudite est classée 164ème sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 de Reporters sans frontières.