Kazakhstan

Les autorités kazakhes ont démontré l’étendue de leur savoir-faire lors de la sanglante répression des émeutes de Janaozen, en décembre 2011, lors de laquelle Internet et les télécommunications ont été coupés dans la région, tandis que Twitter et les principaux sites d’information indépendants étaient filtrés dans tout le pays. Des pratiques désormais parfaitement légales. Depuis avril 2014, le gouvernement peut faire bloquer en quelques heures n’importe quel site internet sans décision de justice : il suffit qu’il y voie un “préjudice aux personnes, à la société ou à l’Etat”, ou encore des informations “appelant à prendre part à des activités extrémistes, à des désordres de masse ou à des manifestations non autorisées”. En pareil cas, les autorités peuvent couper tout réseau ou moyen de communication. De nombreux sites d’information indépendants, auparavant filtrés de temps à autre, sont aujourd’hui rendus inaccessibles de façon permanente. Totalement paranoïaques, les autorités tirent systématiquement sur le porteur de mauvaises nouvelles : ces derniers mois, Fergananews.com a été bloqué pour avoir mentionné des affrontements communautaires dans un village du sud du Kazakhstan ; Kloop.kg, pour avoir évoqué la présence d’enfants kazakhs dans les camps d’entraînement du groupe État islamique ; Meduza.io, pour avoir enquêté sur les velléités séparatistes pro-russes dans le nord du pays. Quant aux blogueurs critiques, ils sont de plus en plus fréquemment jetés en prison, de quelques jours à quelques semaines.

Le Kazakhstan est classé 160ème sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 de Reporters sans frontières.