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Reporters sans frontières

Journée mondiale
contre la cyber-censure

Le 12 mars 2011, a lieu la Journée mondiale contre la cyber-censure, une journée lancée par Reporters sans frontières en 2008, et destinée à mobiliser chacun d'entre nous en soutien à un seul Internet, libre et accessible à tous.

En créant de nouveaux espaces d’échanges d’idées, le Net est un vecteur de libertés. Dans les pays où les médias traditionnels sont sous la coupe du pouvoir, les seules informations indépendantes se retrouvent sur Internet, qui est devenu un forum de discussion, un refuge pour ceux qui souhaitent s'exprimer librement.

Cependant, de plus en plus de gouvernements l’ont compris et réagissent en tentant de contrôler la Toile. En 2010, une soixantaine de pays ont été touchés par une forme de censure du Net, qu’elle consiste en des arrestations ou harcèlements de net-citoyens, de la surveillance des internautes, des blocages de sites, ou de l’adoption de lois liberticides.

Ces net-citoyens font les frais des représailles des autorités. 119 d'entre eux sont actuellement emprisonnés pour s’être exprimés librement en ligne, principalement en Chine, en Iran et au Viêt-nam.

La Journée mondiale contre la cyber-censure leur rend hommage et relaie leur combat pour un Internet libre. À cette occasion, Reporters sans frontières publie sa liste annuelle des ennemis d'Internet, qui pointe du doigt les pires violateurs de la liberté d'expression sur le Net.

Les ennemis d'Internet

L'année 2010 aura vu la consécration des réseaux sociaux et du Web comme outils de mobilisation et de transmission d’informations, notamment au cours des révolutions arabes. La collaboration entre nouveaux médias et médias traditionnels est de plus en plus étroite. Parallèlement, les régimes répressifs ont renforcé le filtrage, la censure mais aussi la propagande en ligne et la manipulation. Ils continuent d'emprisonner des net-citoyens. 119 sont détenus à ce jour. Le soutien des démocraties à la liberté d'expression en ligne est notamment mis à l'épreuve par les questions de sécurité nationale - liées aux publications de WikiLeaks - et de protection du droit d'auteur.
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Ennemis d'Internet

Arabie saoudite
Une censure implacable continue de s'abattre sur le Net, seul espace où, ces dernières années, s'est développée une certaine forme de liberté d'expression. Toujours mobilisés, des cyberdissidents, surpris par les autorités en train d'exercer leur droit à la critique, paient le prix fort. Filtrage sévère et délation Un filtrage très strict cible tout contenu considéré par les autorités comme étant à caractère pornographique ou "moralement répréhensible". Des sites qui abordent la question de la religion, les (...)
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Birmanie
Les autorités ont pris des mesures drastiques en 2010 afin de réorganiser l'Internet birman et de se donner, à la prochaine crise, les moyens de couper l'accès de la Toile à la population, sans être elles-mêmes affectées. A l'approche des élections de novembre 2010, les premières depuis vingt ans, les censeurs ont redoublé d'efforts, utilisant blocages, intimidation et cyberattaques pour réduire les risques de couverture négative. La manipulation est à son paroxysme. L'étendue de la censure du Net en (...)
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Chine
Exaspéré par l'attribution du prix Nobel de la paix au dissident Liu Xiaobo, inquiet des risques de contagion des révolutions tunisienne et égyptienne, le gouvernement chinois renforce encore et toujours son emprise sur la Toile pour en faire un outil de consolidation du pouvoir. Une répression sévère s'est abattue contre toute tentative de remise en cause de la stabilité politique du pays. Dans le collimateur du régime : les réseaux sociaux, en particulier les sites de micro-blogging, et l'anonymat en (...)
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Corée du Nord
Kim Jong-Il tient soigneusement ses compatriotes à l'écart du reste du monde et de la Toile. Toutefois, en 2010, le pays a fait son entrée sur les réseaux sociaux, mais pour y mener sa guerre de propagande. Alors que le « Cher Leader » prépare sa succession, les premières connexions directes au World Wide Web depuis la Corée du Nord auraient récemment été constatées. Internet, chasse gardée de l'élite L'accès au World Wide Web, dans ce pays coupé du monde, n'est accessible qu'à une faible minorité : (...)
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Cuba
Le régime craint davantage les blogueurs que les dissidents traditionnels et a décidé d'étendre sa présence en ligne pour les contrer. L'arrivée dans l'île du câble vénézuélien à fibre optique donne désormais au régime les moyens d'améliorer la vitesse de la connexion et d'en diminuer les coûts. Les excuses pour le maintien de la censure et la mise à l'écart de la population du Web ne tiennent plus. Assiste-t-on aux prémices d'un Printemps du Web, alors que les journalistes victimes du Printemps noir de mars 2003 (...)
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Iran
L'Iran a, cette année encore, intensifié la répression et la surveillance en ligne. En périodes de troubles et de manifestations, les autorités ont recours à des ralentissements d'Internet et à des coupures ou perturbations des réseaux de téléphonie. Le régime poursuit sa diabolisation des nouveaux médias, qu'il accuse de servir les intérêts étrangers. Plusieurs net-citoyens ont été condamnés à mort. Un durcissement et un élargissement de la censure sur Internet En janvier 2011, les autorités ont finalisé la (...)
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Ouzbékistan
Malgré la levée des sanctions par l'Union européenne fin 2009, le régime n'a pas relâché son emprise sur le Net, bien au contraire. Cet Etat policier continue de limiter la diffusion de l'information en ligne et d'empêcher toute tentative d'ébauche d'une société civile ? virtuelle ou non. Un meilleur accès à Internet ? Les coûts d'accès à Internet diminuent graduellement et le nombre d'internautes augmenterait ainsi de 2 à 3 % tous les trois mois. Les abonnements mensuels débutent à 14 dollars pour une (...)
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Syrie
Le manque d'infrastructure constitue toujours un obstacle au développement du Web. La nouvelle loi sur les médias en ligne renforce la censure, qui a, au tournant des années 2010 et 2011, cherché à étouffer l'information sur la chute des régimes tunisien et égyptien. Emblématique de la répression à l'égard des net-citoyens, le cas de Tal Al-Mallouhi, plus jeune blogueuse emprisonnée dans le monde, mobilise la blogosphère au-delà des frontières syriennes. Développement contrôlé d'Internet Alors que (...)
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Turkmenistan
Le gouvernement a mis un frein au tout récent développement d'Internet et continue de censurer à tout va. La reprise de monopole sur le marché des téléphones portables lui permet de renforcer son contrôle sur les communications. La communauté internationale semble davantage décidée à faire des concessions qu'à exercer de réelles pressions sur ce pays au potentiel énergétique et stratégique important. Coûts prohibitifs de l'accès à Internet Si le président Gourbangouly Berdymoukhamedov a permis aux (...)
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Viêt-Nam
Déjà précédé d'une nouvelle vague de répression sévère envers ceux qui exercent leur liberté d'expression, le 11ème Congrès du parti communiste, en janvier 2011, a marqué un raidissement du régime vis-à-vis de ses critiques. Une chape de plomb s'est abattue sur la dissidence. Les cyberattaques ont été lancées en nombre pour faire taire les voix dissidentes. Bloguer est devenu très dangereux. La "menace Internet" Internet continue de se développer au sein de la population : 31 % des Vietnamiens sont désormais (...)
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Pays sous surveillance

Australie
Le gouvernement n'a pas abandonné son projet de mettre en place un dangereux système de filtrage du Net, qui serait géré, de manière opaque, par une autorité administrative. Un système de filtrage draconien Après une année de tests effectués par le gouvernement, en partenariat avec les fournisseurs d'accès Internet, le ministre des Télécommunications, Stephen Conroy, avait réaffirmé, le 15 décembre 2009, l'intention du gouvernement de faire voter une loi instaurant un filtrage obligatoire de sites jugés (...)
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Bahreïn
Les autorités avaient décidé, ces deux dernières années, de mettre en place un filtrage ciblé et d'arrêter plusieurs net-citoyens, au nom de la lutte contre le terrorisme et le maintien de la stabilité nationale. Depuis le début de l'année 2011, alors que les revendications démocratiques et les mouvements de contestations populaires secouent le monde arabe, le pouvoir oscille entre renforcement de la censure liée à la contestation politique et concessions à certaines revendications, sous la forme de (...)
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Bélarus
Seul espace de liberté encore préservé, Internet vient d'être mis en coupe réglée par un décret gouvernemental en juillet 2010. La mort suspecte d'un journaliste en ligne a traumatisé la profession. A l'approche des élections, puis pendant les manifestations ayant suivi la réélection contestée de Loukachenko, « dernier dictateur d'Europe », la société civile a vu la répression s'exercer à la fois « hors ligne », contre manifestants et journalistes, et en ligne, via blocages, cyberattaques et manipulation. Mise (...)
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Corée du Sud
La Corée du Sud, ultraconnectée au Web, a renforcé sa censure des sites Internet favorables au Nord. Soucieux d'assurer le maintien de l'ordre en période de tensions politiques ou d'agitation sociale, le gouvernement emploie des moyens parfois disproportionnés et un arsenal législatif liberticide qui incitent les net-citoyens à l'autocensure. Recrudescence importante de la censure en réaction à la propagande du Nord La Corée du Sud applique depuis plusieurs années un blocage sélectif : elle a rendu (...)
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Egypte
Sous le règne du président Hosni Moubarak, le Web échappait certes à la censure, mais les autorités exerçaient cependant une surveillance étroite des blogueurs les plus critiques, et procédaient à des arrestations régulières. A la fin du mois de janvier 2011, au plus fort de la contestation, le régime a d'abord filtré les images sur la répression, puis bloqué l'accès à Internet pour empêcher le mouvement de prendre de l'ampleur. Les journalistes ont également été violemment pris à partie. La chute du (...)
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Emirats Arabes Unis
Internet et les nouveaux médias ont fait la part belle en 2010 aux sujets sensibles (corruption, critiques du pouvoir, etc.), provoquant en retour une répression et une censure accrues en ligne. Les efforts engagés par les autorités pour accéder aux données des BlackBerry contredisent l'image de modernité que les Emirats arabes unis cherchent à cultiver. Un leader technologique Les Emirats arabes unis sont en position de leader technologique dans le monde arabe, notamment grâce à l'existence de (...)
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Erythrée
Alors que les dictatures arabes sont traversées par des mouvements de contestation, le régime brutal et répressif d'Asmara compte bien endiguer toute tentative de déstabilisation. Il continue de tenir sa population à l'écart du Web, en employant diverses tactiques : barrières techniques et intimidation des internautes. Obstacles techniques Internet représente à ce jour le seul espace d'expression libre pour les Erythréens dans ce pays dirigé d'une main de fer par le président Issaias Afeworki. La (...)
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France
Mise en place de la riposte graduée, législation prévoyant un filtrage administratif du Web, défense d'un Internet "civilisé", l'impact de récentes législations et déclarations sur la liberté de circulation de l'information en ligne suscitent de vraies inquiétudes. Plusieurs médias en ligne et leurs journalistes ont connu une année 2010 difficile, victimes de cambriolages, de convocations devant la justice et de pressions pour identifier leurs sources. La France fait pour la première fois son entrée dans (...)
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Libye
Alors que la Libye est au bord de la guerre civile, le colonel Mouammar Kadhafi a lancé une violente offensive contre le Web. Les médias traditionnels sont depuis longtemps sous sa coupe. Les autorités cherchent à instaurer un black-out total de l'information pour étouffer la révolte et la répression qu'elle entraîne. Depuis 2010, un recul des progrès amorcés en 2007 Le régime avait amorcé une ouverture dans le domaine des libertés fondamentales en 2007. Il a depuis fait marche arrière. Oea et (...)
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Malaisie
Le rôle d'Internet et des nouveaux médias s'amplifie alors que la presse d'opposition fait les frais de la censure, et que le gouvernement tente de préparer le terrain médiatique en vue des élections. Nouveau projet de loi sur la sédition d'Internet, blogueurs et critiques toujours sous pression, les réseaux sociaux apparaissent comme le remède le plus efficace pour pallier à l'autocensure, et deviennent la scène de vrais débats que les médias traditionnels ne peuvent relayer. Nouveaux médias, nouvelle (...)
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Russie
L'année 2010 a vu la consécration d'Internet comme force vive de la société russe, de son impact sur la politique et l'actualité, alors que le gouvernement cherche à modeler le Net russe à sa guise. Une meilleure collaboration entre blogueurs, médias en ligne et certains médias traditionnels pourraient avoir des conséquences positives sur le droit à l'information, à contre-courant d'une détérioration généralisée des libertés en Russie. La Russie de plus en plus connectée ? D'après une étude du Berkman (...)
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Sri Lanka
Les journalistes et médias en ligne continuent à être victimes de violences. L'impunité persiste, tout comme les réflexes de censure, quand l'incitation à l'autocensure ne suffit plus. Des réflexes de censure ? Des sites d'informations indépendants, LankaeNews, LankaNewsWeb, InfoLanka et Sri Lanka Guardian, avaient été bloqués en janvier 2010 quelques heures avant les résultats du scrutin présidentiel. Ils ont tous été débloqués à l'exception de LankaNewsWeb, rendu inaccessible dans le pays par le (...)
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Thaïlande
La crise du printemps 2010 a eu des conséquences négatives sur la liberté d'expression en ligne provoquant l'instauration de l'état d'urgence et favorisant l'escalade de la censure. Le crime de lèse-majesté continue d'être instrumentalisé par les différentes factions contre leurs adversaires politiques, au nom de la protection du roi et de la nécessité d'assurer la stabilité du pays. Etat d'urgence et censure L'état d'urgence a été décrété le 7 avril 2010 puis levé le 22 décembre 2010. Remplacé par la loi (...)
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Tunisie
L'un des pays les plus répressifs envers le Web sous Ben Ali, la Tunisie se réveille, au lendemain de la révolution, avec un Internet libre. La vigilance doit rester de mise tant que l'appareil de censure, surnommé Ammar 404, n'aura pas été totalement démantelé. Le rôle des réseaux sociaux dans la couverture de "#sidibouzid" Les événements de Sidi Bouzid et la contestation populaire qui en a découlé ont éclaté dans un contexte de contrôle total de l'information. Dès le 17 décembre 2010, date à laquelle (...)
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Turquie
L'année 2010 a été marquée le très médiatisé déblocage du site de partage de vidéos YouTube, cela ne signifie pas pour autant la levée de la censure. Dans un pays où les sujets sensibles ou interdits sont nombreux, plusieurs milliers de sites restent inacessibles et les poursuites judiciaires contre des journalistes en ligne se poursuivent. La saga YouTube Le devenir du site de partage vidéos YouTube, propriété de Google, a fait couler beaucoup d'encre en Turquie en 2010. Bloqué dans le pays depuis mai (...)
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Venezuela
Le président Hugo Chávez, omniprésent dans les médias traditionnels, ne pouvait résister à la tentation de s'affirmer sur Internet et de réguler cet espace dont le contrôle lui avait jusqu'ici échappé. C'est légalement chose faite en 2010, dans un contexte de tension croissante entre le pouvoir et les médias critiques. Si l'accès à Internet demeure libre dans le pays, les outils de contrôle sont en place et l'autocensure s'accentue. Les forums de discussions sont dans le collimateur des autorités. Près d'un (...)
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Le Prix du net-citoyen

Nawaat : Lauréat du Prix Reporters sans frontières du Net-citoyen

C’est un jury indépendant composé de spécialistes de la presse qui a choisi Nawaat face aux autres finalistes originaires de Bahreïn, du Bélarus, de Thaïlande, de Chine et du Viêtnam.

Dominique Gerbaud, président de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières et le président de Google pour l’Europe du Sud, de l’Est, le Moyen-Orient et l’Afrique, Carlo d’Asaro Biondo, prendront ce soir la parole lors d’une cérémonie qui se tiendra à Paris, au Salon des Miroirs. Et c’est le fondateur de Médecins sans frontières, ancien ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, qui remettra le prix à Riadh Guerfali (dit Astrubal), co-fondateur de Nawaat. Lire la suite...

Nominees

Nawaat (Tunisie)

Nawaat.org est un blog collectif indépendant animé par des blogueurs tunisiens, créé en 2004. Il a pour but de donner “la parole à tous ceux qui, par leur engagement citoyen, la prennent, la portent et la diffusent”. Nawaat joue un rôle crucial dans la couverture des troubles sociaux et politiques en Tunisie depuis le 17 décembre 2010. Son action est représentative de la place essentielle des blogueurs et des utilisateurs des réseaux sociaux dans la lutte pour le droit à l’information. Le site a récemment créé une page spéciale sur les révélations de WikiLeaks relatives à la Tunisie, et une autre sur les évènements récents de Sidi Bouzid, qui n’ont pas été couverts dans les médias traditionnels. Nawaat met également à disposition des internautes des conseils sur le contournement de la censure, insistant sur les dangers de s’identifier en ligne. Astrubal et Sami Ben Gharbia, blogueurs reconnus, sont les fondateurs (et contributeurs) du site.

Ali Abdulemam (Bahreïn)

Ali Abdulemam, blogueur très actif considéré par les net-citoyens comme un pionnier d’Internet au Bahreïn et dans le Golfe, a été emprisonné en septembre 2010, accusé de diffamation envers les autorités du royaume. Il a été également accusé d'avoir publié sur le forum BahrainOnline.org, un site pro-démocratique bloqué dans le pays et qui accueille plus de 100 000 visiteurs par jour, de fausses informations sur les affaires internes du pays dans le but de le déstabiliser. Les appels à sa libération se sont multipliés, sous la forme d’une campagne de solidarité, d’un groupe Facebook, et de pétitions. Le 22 février 2011, en signe d’apaisement envers l’opposition et les manifestants, le gouvernement l'a soudainement libéré, ainsi que les 22 militants de l’opposition et des droits de l’homme jugés en même temps que lui. Le blogueur a déclaré avoir été victime de torture et de mauvais traitements lors de sa détention.

Jiew, Prachatai (Thaïlande)

Chiranuch Premchaiporn, connue sous le nom de Jiew, est la directrice et webmaster de Prachatai, un site alternatif d’information thaïlandais. Arrêtée à de nombreuses reprises, elle est aujourd’hui sous le coup de plusieurs chefs d’accusation, dont celui de diffamation envers la famille royale, en vertu du « Computer Crimes Act » (loi sur la cybercriminalité) et du code pénal. Le site Prachatai a dû changer plusieurs fois d’adresse, suite à des mesures de blocage, alors qu’il assurait une couverture objective des troubles qui ont agité la Thaïlande en avril-mai 2010. Jiew est aujourd’hui victime d’un véritable harcèlement judiciaire pour son rôle à la tête de l’un des derniers sites à avoir résisté à la censure lors de ces événements. Son cas illustre les abus de l’utilisation du crime de lèse-majesté et de la loi sur la cybercriminalité. Elle risque un total de 70 ans de prison. Son procès a été reporté à septembre 2011.

Tan Zuoren (Chine)

Tan Zuoren, coauteur du blog 64tianwang, est actuellement détenu en Chine. Il a été condamné, le 9 février 2010, à cinq ans de prison pour «incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat». Il avait été arrêté en mars 2009 après avoir appelé les Netcitoyens chinois à venir dans le Sichuan pour documenter ses recherches sur la situation des familles des victimes du séisme. Il mettait en cause les autorités locales, en avançant que les bâtiments en “tofu” des civils contrastaient vivement avec la solidité des bâtiments du gouvernement. Tan Zuoren est l’un de ces Net-citoyens arrêtés pour avoir défendu l’intérêt général, à l’instar, notamment, de Huang Qi (condamné à trois ans de prison la même raison).

Pham Minh Hoang (Viêtnam/France)

Le blogueur franco-vietnamien Pham Minh Hoang a été arrêté le 13 août 2010. Il a officiellement été inculpé le 20 septembre dernier, pour «avoir mené des activités en vue de renverser le gouvernement» en vertu de l’article 79 du code pénal et appartenir au parti d’opposition Viet Tan, qualifié par les autorités d’organisation terroriste. Le gouvernement lui reproche la publication, sur son blog www.pkquoc.multiply.com, de trente articles critiques sous le pseudonyme de Phan Kien Quoc. Il est, en outre, accusé d’avoir réuni une quarantaine d’étudiants dans un groupe extra-scolaire pour former des futurs membres de Viet Tan. Selon sa femme, Le Thi Kieu Oanh, Pham Minh Hoang a été arrêté uniquement pour son opposition aux projets d’exploitation de mines de bauxite par la Chine, un sujet très sensible au Viêt Nam.

Natalia Radzina, Charter97 (Bélarus)

Sous la direction de sa rédactrice en chef, Natalia Radzina, le site d’informations Charter 97 dénonce les cas d’arrestations, d’agressions ou de harcèlement de militants des droits de l’homme et de journalistes. Le site a été victime de nombreuses cyberattaques et a dû faire face à des poursuites judiciaires ces dernières années. Les journalistes ont aussi fait les frais de la répression, par le pouvoir, des manifestations qui contestaient, en décembre, la réélection du président Loukachenko. Natalia Radzina a été blessée à la tête par des policiers, le 19 décembre. Libérée fin janvier 2011, mais placée en résidence surveillée, elle est toujours poursuivie pour « participation à des émeutes » et encourt à ce titre des peines pouvant atteindre jusqu’à 15 ans d’emprisonnement. Le fondateur du site, Oleg Bebenin, a été retrouvé “pendu” en septembre dernier. La thèse officielle du suicide est réfutée par ses proches et ses collaborateurs, qui y voient un crime politique.

L'e-mobilisation

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